Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse

Navigateur français

Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, était un héros militaire et l’un des plus grands explorateurs français de l’océan Pacifique. Bien qu’il ait fait un certain nombre de découvertes importantes, il est surtout connu pour son exploration de Sakhaline et des îles Kouriles et sa découverte des détroits Tatar et de La Pérouse, de part et d’autre de l’île de Sakhaline.

La Pérouse est née en 1741 près d’Albi, en France. On sait peu de choses de son enfance jusqu’à l’âge de 15 ans, lorsqu’il rejoint la Marine française pour combattre les Britanniques pendant la guerre de Sept Ans, puis sert les Français en Amérique du Nord, en Chine et en Inde. Il devint célèbre en 1782 avec la prise de deux forts anglais le long de la baie d’Hudson et, peu de temps après, épousa une femme qu’il avait rencontrée sur l’Île de France (maintenant connue sous le nom de Maurice). En 1785, à l’âge de 44 ans, il est placé aux commandes d’une expédition de découverte de deux navires dans le Pacifique.

Les navires de La Pérouse, l’Astrolabe et la Boussole, étaient des navires de ravitaillement, équipés pour l’exploration et classés comme frégates pour l’expédition. Avec environ 500 tonnes chacun, ils n’étaient pas de gros navires, mais étaient considérés comme adéquats pour les rigueurs de l’expédition à venir. Grand admirateur de l’explorateur anglais James Cook (1728-1779), La Pérouse a adopté de nombreuses pratiques de Cook, dont plusieurs qui n’étaient pas courantes à l’époque: près de 10% de son équipage était formé en tant que scientifique, il traitait bien ses hommes et était apprécié d’eux, et il faisait tout son possible pour bien s’entendre avec les insulaires du Pacifique avec lesquels il était en contact. Tous ces traits ont contribué à faire de lui un commandant prospère et ont contribué à faire de ses expéditions un succès inhabituel.

Le voyage de La Pérouse le conduisit de Brest, autour du cap Horn, et au Chili. De là, il a navigué vers l’île de Pâques et Hawaï en direction d’Alaska, où il a exploré et cartographié pendant un certain temps avant de tourner à nouveau vers le sud pour la baie de Monterey, où il a enquêté sur les colonies et les missions espagnoles avec une certaine désapprobation pour le traitement des Amérindiens.

De Monterey, il traversa le Pacifique et se dirigea vers Macao et Manille. Après un court séjour, il part explorer les côtes de l’Asie du Nord-Est, visitant la Corée et Sakhaline (une grande île entre la mer du nord du Japon et la mer d’Okhotsk). Ici, il a fait certaines de ses découvertes les plus importantes, tentant de naviguer à travers la Ligne droite Tatare (qui sépare Sakhaline du continent asiatique) puis à travers le détroit de La Pérouse, qui passe entre Sakhaline et l’île japonaise d’Hokkaido. De là, il continua vers le nord jusqu’à la péninsule du Kamtchatka, atteignant le port de Petropavlovsk en septembre 1787.

À Petropavlovsk, où il reçut de nouvelles commandes par lettre de Paris, La Pérouse et son équipage se reposèrent pendant une courte période avant d’emballer leurs notes, leurs journaux et leurs spécimens pour les ramener en France et voyager à travers la Sibérie et la Russie (un voyage monumental d’une année en soi). Nouveaux ordres en main, La Pérouse part alors pour la Nouvelle-Galles du Sud (dans l’actuelle Australie) pour enquêter sur les activités des Britanniques. Sur son chemin, il s’est arrêté aux îles Navigator (aujourd’hui appelées Samoa) où une douzaine de membres de son équipage ont été tués lors d’une attaque. Il atteignit Botany Bay en janvier 1788, au moment même où le commandant britannique déplaçait la colonie à Port Jackson. Bien que les Britanniques ne purent l’aider à lui fournir de la nourriture (étant eux-mêmes à court de vivres), ils transportèrent ses journaux et ses lettres en France et lui fournirent du bois et de l’eau douce pour la prochaine étape de son voyage. La Pérouse partit au début de 1788 pour explorer davantage les îles et les côtes du Pacifique sud et ne fut jamais revue.

En 1791, A. R. J. de Bruni, chevalier d’Entrecasteaux (1739-1793) fut envoyé pour retrouver et, si possible, secourir La Pérouse et son équipage. Il a constaté que les deux navires s’étaient brisés sur les récifs de l’île de Vanikoro. Il a pu déterminer que l’équipage avait tenté de récupérer ce qu’il pouvait, déchargeant les navires et fabriquant un petit bateau à partir de l’épave de l’Astrolabe. Bien que la plupart des membres de l’équipage aient été tués par des habitants locaux, certains sont partis sur le bateau, disparaissant sans laisser de trace.

P. ANDREW KARAM

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